Il en va des blessures de l’âme comme des membres fantômes à jamais douloureux : On n’en guérit jamais tout-à-fait. Michèle Barbier appartient à cette génération meurtrie par le terrible accident de l’Histoire que fut la guerre d’Algérie, et aujourd’hui encore, elle en demeure comme habitée d’un sentiment d’exil. Cela ne l’a jamais empêché de tracer sa route, ni freiné ses élans. Tout au contraire, elle semble y puiser toujours l’énergie qui la fait écrire, chanter, prendre des risques, vivre des aventures, et tenter de comprendre la folie du monde.
Le récit poignant qu’elle nous livre ici, même s’il évoque le passé, n’est ni nostalgique, ni complaisant. C’est un voyage au présent, terriblement présent, puisqu’aujourd’hui encore, tant de nouveaux exilés pourront s’y reconnaître…
Jean-Jacques Peyraud